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HISTOIRE

Les faiblesses des différentes expériences de vulgarisation et d’encadrement du monde rural ont amené les autorités sénégalaises à réorienter la politique d’appui aux producteurs ruraux. Un système de concertation, de partage des décisions dans la conception, l’élaboration et la mise en œuvre des politiques de développement agricole durable s’impose. Ainsi les projets et les programmes seront réalisés principalement avec une pleine participation des collectivités locales et des organisations paysannes.

C’est pourquoi la réflexion a été engagée pour créer un nouveau cadre chargé du conseil agricole et rural (notion plus complète et ne se limitant pas seulement au transfert de technologie).

L’Etat du Sénégal a engagé une réorientation profonde de ses politiques et stratégies pour le développement du secteur agricole et la réduction de la pauvreté des ménages. De ce fait, des orientations stratégiques et une nouvelle politique institutionnelle sont définies par le Gouvernement avec l’appui des partenaires au développement. Ces options sont traduites par un important Programme d’investissement du secteur agricole (PISA) en 1998, dont une des composantes essentielles est le Programme des Services Agricoles et Organisations de Producteurs (PSAOP).:

Le PSAOP, signé en 1999 avec la Banque Mondiale est un des projets du PISA. Son objectif principal est de mettre en place un nouveau système d'appui au monde rural à la place de l'ancien système d'encadrement. Ce programme qui regroupe cinq composantes (Recherche agricole et agroalimentaire, le CNCR/ASPRODEB, le Conseil agricole et rural, le Fonds national de Recherche agricole et agroalimentaire, le Ministère de l'Agriculture et de l'élevage) a favorisé la création de l'Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural (ANCAR) et la liquidation de la SODEVA en 1998 et de la SODESP en 1999. La création de l'ANCAR est rendue nécessaire du fait des faibles progrès enregistrés dans l'agriculture sénégalaise, en dépit des importants efforts concentis par l'Etat pour le développement du secteur.

MISSION :

L'ANCAR a été créée pour piloter le conseil agricole et rural sur toute l'étendue du territoire national, selon une nouvelle approche fondée sur la demande des producteurs et en partenariat avec les OP et les principaux acteurs du développement rural (ONG, Projets, SRDR, etc.). L'approche qui la sous-tend se décline comme suit:

- contribuer à promouvoir le transfert de responsabilité aux OP, aux Collectivités locales et au Secteur Privé ;
- permettre et consolider la décentralisation ;
- assurer une professionnalisation du conseil agricole et rural;
- permettre d'améliorer le ratio du coût du conseil agricole et rural par rapport aux résultats obtenus ;
- garantir un partenariat entre l'Etat, les collectivités locales et les OP impliquées dans les activités de conseil agricole et rural.

Le nouveau conseil agricole et rural est global, participatif, communicatif et pluridisciplinaire et couvre les besoins d'appui, renseigne les producteurs sur toutes les activités relatives aux productions, et intervient pour une meilleure gestion des ressources naturelles.

La nouvelle approche de conseil agricole et rural constitue une rupture avec l'ancien système d’encadrement du monde rural dans lequel, les institutions et services publics appliquaient des politiques productivistes à travers une approche descendante dans le but d'atteindre les objectifs de production décidés par l’Etat. Ce système d’encadrement avait le quasi-monopole des services, en amont et en aval, nécessaires aux producteurs, et organisait ceux-ci en coopératives dans lesquelles ils disposaient d’une très faible autonomie de décision.

Cette approche repose sur la reconnaissance des producteurs comme les principaux acteurs de leurs systèmes de production, de l’aménagement de leurs terroirs et de la gestion de leurs ressources naturelles. Ils sont commanditaires du conseil agricole et rural. Ils possèdent un pouvoir et une capacité de sanction des services reçus des prestataires qui, désormais, ont obligation de résultats. Cette approche est bâtie sur la reconnaissance des savoirs et savoir-faire des producteurs indispensable au processus de développement agricole et rural. Les partenaires extérieurs prennent en compte ces savoirs et savoir-faire et aident les producteurs à les améliorer, plutôt que de leur dicter des comportements techniques et socio-économiques.
Elle prend en compte l'environnement physique au sein des exploitations et des terroirs villageois ou des écosystèmes communautaires.


OBJECTIFS :

L’Agence a pour principale mission d’établir un service de conseil agricole et rural comptable de ses résultats envers les producteurs et répondant à leurs besoins à travers des arrangements contractuels. L’approche de conseil agricole et rural est basée sur un véritable partenariat avec les producteurs et les principaux acteurs du développement rural.

L’ANCAR intervient dans tous les secteurs (agriculture, foresterie, environnement et englobe plusieurs fonctions (appui conseil, transfert de technologie adaptée, sensibilisation, formation, information, intermédiation) et dans diverses activités (production, commercialisation, approvisionnement, crédit, transformation, artisanat, etc.) de la vie rurale.


Les activités de conseil agricole et de recherche développement sont identifiées et programmées conjointement avec les OP (Organisation de Producteurs) et l’ANCAR. Ces activités sont assujetties à des dispositions contractuelles entre les OP et l’ANCAR d’une part et les services de la recherche et le conseil agricole d’autre part.

STATUT :

L'Agence Nationale de Conseil Agricole et Rural (ANCAR) a été créée par le Gouvernement du Sénégal lors de la réunion interministérielle tenue le 17 mars 1997, pour mettre en place un systéme de conseil agricole et rural sur toute l'étendue du territoire national. En effet, l’analyse des formes d’organisation passées, actuelles et possibles a conduit les autorités à choisir l’option d'une Agence nationale de conseil agricole et rural, société à participation publique majoritaire qui devra évoluer vers une société où les producteurs deviendront majoritaires. L'ANCAR est une Société Anonyme à Participation Publique Majoritaire, donc avec une autonomie de gestion de type de droit privé. Avec ce statut, l'Etat a pu associer pleinement ses partenaires des Organisations de Producteurs (OP), des Collectivités Locales et du Secteur Privé. Le capital est réparti comme suit : Etat du Sénégal : 51% ; Organisations Paysannes : 28% ; Secteur Privé et Industriel : 14% ; Collectivités Locales : 7%. L'ANCAR a une obligation de résultats, elle est redevable et comptable de ses résultats devant les producteurs. Par conséquent ses services sont axés sur les demandes des producteurs et sont fournis dans le cadre de contrats.

ORGANISATION

Les principes qui régissent l’organisation de l’ANCAR sont :

- Une direction centrale légère chargée d’impulser, coordonner et contrôler ;
- des structures locales et régionales fortes, fonctionnelles et autonomes ;
- une disponibilité des moyens au niveau régional et local et une autonomie de gestion ;
- des cadres de concertation associant les partenaires de l’ANCAR à la définition et à l’évaluation de ses programmes ;
- une répartition des fonctions répondant aux réalités de l’exercice du conseil agricole et rural qui s’exerce à la base ;
- une définition des programmes par les directions régionales.

L’Organisation structurelle de l’ANCAR se présente comme suit : Cliquez ici pour télécharger

Une Assemblée générale
Elle est composée des actionnaires dont l’Etat et ses démembrements, les organisations socio-professionnelles (notamment les organisation de producteurs), et les privés.

Un conseil d’administration
Il est composé des représentants des actionnaires

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