La nouvelle approche de conseil agricole et rural basée
sur l'approche OP constitue une rupture avec l'ancien système
d’encadrement du monde rural dans lequel, les institutions et
services publics appliquaient des politiques productivistes à
travers une approche descendante dans le but d'atteindre les objectifs
de production décidés par l’Etat. Ce système
d’encadrement avait le quasi-monopole des services, en amont et
en aval, nécessaires aux producteurs, et organisait ceux-ci en
coopératives dans lesquelles ils disposaient d’une très
faible autonomie de décision.
La nouvelle approche repose sur la reconnaissance des
producteurs comme les principaux acteurs de la transformation de leurs
systèmes de production, de l’aménagement de leurs
terroirs et de la gestion de leurs ressources naturelles. Ils sont commanditaires
du conseil agricole et rural. Ils possèdent un pouvoir et une
capacité de sanction des services reçus des prestataires
qui, désormais, ont obligation de résultats. Avec la libéralisation
du secteur agricole et de l’économie sénégalaise,
les OP doivent prendre en charge ou participer à la fourniture
de services à leurs adhérents : approvisionnement, appui
technique, etc. Elles doivent participer, à tous les niveaux
de décision, à l’élaboration des politiques
de développement rural.
La nouvelle approche est bâtie sur la reconnaissance
des savoirs et savoir-faire des paysans qui sont indispensables au processus
de développement agricole et rural. Les partenaires extérieurs
prennent en compte ces savoirs et savoir-faire et aident les paysans
à les améliorer, plutôt que de leur dicter des comportements
techniques et socio-économiques.
Les institutions et services d’appui que l’Etat
a mis en place doivent appuyer et accompagner la prise de responsabilité
des producteurs. L’approche préconisée du conseil
agricole et rural vise à mettre en oeuvre un processus continu
de génération et d’appropriation de technologies
améliorées par les producteurs, d’innovations dans
l’organisation de la production et des services situés
en amont et en aval de celle-ci. Ce processus intègre les savoirs
et savoir-faire de l’ensemble des partenaires et tient compte
des conditions agroécologiques et socio-économiques dans
lesquelles opèrent les producteurs ruraux.
Cette approche est participative, communicative et pluridisciplinaire.
Elle est basée sur un véritable partenariat avec les producteurs
et les acteurs du développement rural. Elle couvre les productions
végétales, animales, forestières, l’environnement
et toutes les activités rurales, annexes et connexes, situées
en amont et en aval des productions : l’approvisionnement, le
crédit, la commercialisation, la transformation, l’artisanat,
la formation, etc. Elle prend en compte l'environnement physique au
sein des exploitations et des terroirs villageois ou des écosystèmes
communautaires.
L’ANCAR a aussi l’ambition de développer une approche
par catégorie cible (type d’exploitation ou d’OP)
pour fournir de l'information soigneusement sélectionnée
et d'autres prestations de service indispensables pour satisfaire des
besoins spécifiques des catégories clairement définies
au sein de la communauté rurale. L'identification de ces catégories
homogènes se fait dans le cadre d'une étude sur la typologie
des exploitations agricoles.
Cette approche intégrée à l’approche
par OP sera basée sur la supposition que les différentes
catégories d’exploitations agricoles et rurales ou d’OP
ont besoin d'appuis différents, puisqu'ils n'ont pas tous les
mêmes problèmes et l'accès aux mêmes ressources.
Le développement de cette approche sera basé
sur les succès de l’approche centrée sur l’OP.
Elle constitue une étape avancée dans la mise en œuvre
du conseil agricole et propose aux exploitations et/ou aux OP un type
particulier de conseil ou conseil de gestion ou conseil aux exploitations.
Elle ne peut être efficace que si les éventuels problèmes
d'approvisionnement en intrants, de crédit et de débouchés
des produits sont résolus pour les producteurs.
Certaines organisations paysannes sont constituées
autour d’un produit (riz, maïs, tomate, etc.) au tour d’une
activité : c’est ce qui constitue la variante centrée
sur une filière. L'approche centrée sur une culture ou
un produit a pour but d'introduire un ensemble cohérent de démarches
visant au renforcement des règles et des règlements dans
le cadre de la production et de la commercialisation d'un produit.
Cette approche vise à augmenter la productivité
d'un nombre limité d’exploitations agricoles
(riziculteurs, cotonculteurs, maïsiculteurs, etc.) appliquées
pour la réalisation d'objectifs exogènes aux populations
rurales, favorables à l'État, à la population urbaine
et/ou aux propriétaires des unités de production. Les
changements introduits sont d'ordre technologique et souvent d'origine
étrangère (ex : maïs).
Le conseil agricole et rural, vise l'accroissement de
la production agricole dans le cadre d’une gestion durable des
ressources naturelles en harmonie avec les capacités et les besoins
des populations.
L'approche de conseil agricole et rural est basée
sur un processus de diffusion autonome de manière à tenir
compte des différences socio-économiques et autres, existant
au sein des OP et exploitations rurales, donc à partir de l'hétérogénéité
du milieu. En effet, elle veut palier aux insuffisances des anciennes
approches centrées sur le seul changement technique, qui n'ont
pas répondu aux attentes et provoqué un effet de tache
d'huile. Elle vise la promotion d’un processus de diffusion «
horizontale » entre catégories.
Le conseil agricole et rural met ainsi l’accent
sur la gestion et l’utilisation des ressources en amont et en
aval des productions agricoles et rurales, explore les relations sociales,
économiques et culturelles existantes entre les différents
groupes sociaux, et privilégie une approche participative et
décentralisée de l’aménagement et la gestion
des terroirs.
Elle vise des changements dans l’amélioration
des méthodes de production, des relations entre les groupes sociaux.
Donc, le conseil agricole et rural ne sert pas uniquement à la
diffusion d'innovations, mais aussi à leur genèse. Les
producteurs ou OP clients ne sont pas des consommateurs passifs. Ils
peuvent influencer les recommandations par un processus de dialogue
et de participation permanents. Les innovations mises au point à
partir du référentiel extérieur et du référentiel
local, sont alors expérimentées en milieu réel.
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